Rafael Nadal pouvait craindre son retour à Paris, non pas sur la terre battue de Roland-Garros mais sur la surface rapide de Bercy. Après deux rencontres rondement menées et malgré quelques petites frayeurs face à Stanislas Wawrinka, le numéro deux mondial n'a plus de raison d'avoir peur de personne. Il semble s'être parfaitement adapté à une surface qu'il n'apprécie pourtant guère.
Porte d'Auteuil comme porte de Bercy, Rafael Nadal est chez lui. Pour sa première apparition au Masters Series de Bercy, l'Espagnol pouvait craindre ses premiers pas sur une surface qu'il aime peu. En délicatesse avec ses genoux depuis quelques semaines, le Majorquin a joué une saison tronquée sur dur. Seulement quelques matchs qui ne lui ont pas véritablement permis de trouver rythme et régularité, sur un revêtement où il n'est pas encore aussi performant que sur terre battue, voire sur herbe.
Les craintes se sont pourtant rapidement envolées une fois les premières balles échangées sur le court de Bercy. Peu adepte de l'ancienne surface parisienne, trop rapide pour lui, il a été consulté parmi d'autres, et notamment Roger Federer, pour effectuer le changement de peau de Bercy. Moins rapide et surtout plus réceptive aux effets mis dans la balle et offrant davantage de rebond, elle permet à Rafael Nadal de s'y sentir plus à l'aise. Elle lui donne surtout l'occasion de trouver plus de tranchant à son lift qui trouve plus d'efficacité sur une telle surface.
Rafael est d'attaque
Elle lui permet également de disposer de plus de temps pour préparer ses coups, du moins tant qu'il n'a pas en face de lui un adversaire trop agressif. Face à Filippo Volandri, il n'a guère tremblé, peu bousculé par une opposition timide. En revanche, Stanislas Wawrinka a empêché le Majorquin de développer son jeu pendant quasiment un set entier. Gêné par des balles qui lui revenaient très vite, Rafael Nadal n'a eu alors que peu de temps pour se mettre en bonne position et frapper ses coups. Surtout, en obligeant l'Espagnol à aller chercher ses balles très bas, sous la hanche, Wawrinka a considérablement réduit la force de frappe adverse.
En revanche, dès lors que son adversaire a baissé de rythme et a peu à peu atténué ses frappes, le numéro deux mondial a retrouvé sa position favorite. Campé sur sa ligne de fond de court, il a pu prendre les devants en avançant. Dès lors, le sort de Stanislas était scellé, plus rien ne pouvait l'arrêter. "J'ai réalisé un très bon match aujourd'hui. Stanislas a été très agressif et a développé un tennis incroyable mais je me sentais très bien et j'ai très très bien joué" assurait Rafael Nadal après la rencontre, de plus en plus confiant et sûr de lui sur cette surface qui ne lui a pas réussi cette année.
Un quadrillage toujours aussi efficace
Peu à peu, il prend donc ses repères. Comme sur herbe, où il a montré de grands progrès, il semble être de plus en plus à l'aise sur surface rapide. Offensivement, il trouve des solutions, même s'il lui faudra encore s'étalonner face à certains gros calibres du circuit pour en avoir la confirmation. Défensivement, il reste en revanche toujours aussi dangereux. Sur un revêtement dur pour les articulations, il garde pourtant la même férocité et la même vélocité, ne cherchant pas à s'économiser et se battant sur chaque point comme s'il évoluait sur la terre battue.
Il a ainsi écoeuré Stanislas Wawrinka sur certains points que personne d'autre que lui n'aurait été capable d'aller chercher. Là où l'ancienne surface de Bercy aurait été beaucoup plus exigeante pour lui, tant les joueurs se plaignaient de sentir leurs chevilles se bloquer dans leurs déplacements, le nouveau revêtement lui offre l'opportunité de se livrer totalement sans craindre outre-mesure la blessure. C'est peut-être d'ailleurs l'une de ses principales forces : ultra-présent sur tout le court, il se sait capable d'écoeurer n'importe quel adversaire. Et de le punir en retour...